Le LFB prépare une nouvelle recapitalisation sur un marché porteur
Le Laboratoire français du fractionnement et des biotechnologies (LFB), spécialiste des médicaments dérivés du plasma détenu à 100% par l’État, discute actuellement des conditions de son refinancement. Outre une renégociation de sa dette (863 millions d'€ en 2022) en cours avec ses créanciers bancaires, le LFB devrait être recapitalisé, afin de financer ses investissements. Le laboratoire s'apprête en effet à mettre en service une nouvelle usine sur son site d'Arras pour tripler ses capacités de production. "L’État actionnaire soutient cette stratégie qui permettra des créations d’emplois et de renforcer la souveraineté sanitaire et industrielle de la France", souligne le LFB. Ce dernier avait pourtant déjà bénéficié en 2021 d'une injection de 500 millions d'€ de l'État. Mais "le coût de construction de l’usine avait été très largement sous-estimé", indique au Figaro un très bon connaisseur de l’entreprise. Le projet, lancé en 2013, avait été chiffré à 300 millions d'€. L’usine en coûtera finalement plus du double (750 millions d'€). Parallèlement, le LFB s'est lancé dans l’acquisition de ses propres centres de collecte de plasma à l’étranger, via sa filiale Europlasma, pour assurer la fourniture en matière première du site. Le groupe, qui détient désormais 25 centres de collecte de plasma en Europe, entend encore tripler ses capacités, en parallèle du doublement de celle de l’EFS en France. Le marché des médicaments à base de plasma sanguin, évalué à 30 milliards de $ en 2023, devrait de son côté atteindre 50 milliards en 2030, porté par la prévalence croissante des maladies chroniques.
(Le Figaro – 20 janvier 2024)