En Iran, des malades abandonnés face aux prix des médicaments

En Iran, la dévaluation continue de la monnaie et l’inflation aggravent les pénuries de médicaments, dont certains ne sont plus importés. "En particulier, ceux qui concernent les maladies spéciales, comme la sclérose en plaques et le diabète. Nous n’avons pas non plus les médicaments de base, comme l’albumine, qui est très importante pour ceux qui ont été transplantés ou qui sont hospitalisés. La plupart des malades sont donc obligés de chercher eux-mêmes leurs médicaments sur le marché noir, alors qu’en principe, c'est l’hôpital qui devrait leur en procurer", explique à RFI Leila, qui tient une pharmacie à Chiraz (sud-ouest). Les médicaments qui restent ont vu leur prix flamber ces derniers mois. "Trois clients de pharmacie sur 10 n’achètent pas leurs médicaments en voyant le prix", selon l'agence IRNA. D'autant que les assurances ont retiré un certain nombre de produits de leur remboursement, notamment ceux pour le cœur, laissant les patients payer la totalité du prix. "Les malades de cancer dont les médicaments sont très chers peuvent arriver à se demander pourquoi dépenser autant sans même être sûrs du résultat et à abandonner leur traitement", s’inquiète le Dr Reza, médecin à Téhéran.

(RFI – 16 mars 2025)