A Gustave-Roussy, une prise en charge du cancer adaptée pour les jeunes adultes

Libération publie un reportage sur la prise en charge des jeunes patients atteints d'un cancer. A l’institut Gustave-Roussy, l’unité 13-25 ans accueille entre 150 et 200 patients chaque année. Une partie dans l’unité pour adolescents et jeunes adultes (AJA) de dix lits, le reste dans les autres services pour adultes, souvent par choix, et accompagnés par une équipe dédiée. "Certains ont des cancers pédiatriques tardifs, d’autres des cancers de l’adulte précoces. On voit aussi des tumeurs typiques des jeunes", précise Nathalie Gaspar, pédiatre oncologue et responsable de l’unité AJA de Gustave-Roussy. Ces prises en charge ont des philosophies différentes: "Les enfants tolèrent généralement mieux l’intensité de la chimiothérapie, ce qui change l’approche; on essaie aussi d’éviter au maximum les effets secondaires à long terme puisqu’ils vont potentiellement vivre longtemps." En revanche, "le développement de nouveaux médicaments se fait d’abord chez les adultes, et dans un deuxième temps chez les enfants". Le but est donc de cumuler les avantages chez les jeunes: limiter les séquelles à long terme tout en introduisant le plus tôt possible les innovations. D’où une collaboration rapprochée entre oncologues pédiatriques et médicaux: "On a besoin d’une double compétence." Cette prise en charge dépasse par ailleurs le cadre strictement médical, avec la nécessité de gérer au mieux l'impact de la maladie et ses traitements sur des vies qui se construisent entre les études, le premier emploi, les sorties, la vie amoureuse, etc. "En plus de consultations individuelles, des activités collectives sont organisées, sur volontariat, adaptées à leurs envies. On propose aussi des ateliers d’éducation thérapeutique sur la gestion de la maladie, la douleur, aussi l’image de soi, la vie amoureuse, les addictions", énumère Fanny Morin, éducatrice spécialisée.

(Libération – 1er avril 2025)