Un projet de baisse de prix du paracétamol menace sa relocalisation
Toujours en quête d'économies sur les dépenses de santé, le gouvernement veut réduire de 13% le prix perçu par les fabricants du paracétamol à partir de 2027. Sur les boîtes de huit comprimés de 1 gramme pour adultes, la référence la plus populaire du marché, dont le prix s’affiche à 2,18 € en pharmacie, la rémunération des industriels passerait ainsi de 0,76 € à 0,66 €, soit 10 centimes de moins, précise Le Monde. Contrairement à la plupart des médicaments anciens, l’antidouleur a été jusqu’ici relativement épargné par les vagues successives de baisses tarifaires, avec des révisions en 2003, 2005 et 2015. Une réduction prévue en 2020 avait été suspendue par un moratoire pendant la pandémie de Covid-19, en contrepartie de l'engagement des industriels Sanofi et UPSA à soutenir le retour d'une production française du principe actif, disparue du territoire depuis 2008. Les deux laboratoires ont depuis investi plusieurs dizaines de millions d'€ dans la construction, avec le chimiste Seqens, d'une usine à Roussillon (Isère). Mais, ce moratoire, renouvelé en 2024, arrivera à échéance en décembre avec le risque, si la baisse est confirmée, de porter un coup fatal aux projets de relocalisation. "Nous sommes inquiets. Cette proposition est incompatible et contradictoire avec les objectifs affichés de réindustrialisation et de souveraineté sanitaire", souligne Ségolène de Marsac, PDG d’Opella France, l’ex-filiale de Sanofi, propriétaire aujourd’hui du Doliprane. Un approvisionnement made in France en principe actif du paracétamol coûtera, selon les laboratoires, 60% plus cher qu’en Inde ou en Chine, pays d’où il est importé.
(Le Monde – 22 juillet 2026)