Près de 6000 décès excédentaires ont été constatés lors de la canicule de juin

Au moins 5.764 "décès toutes causes en excès" ont été enregistrés du 17 juin au 2 juillet, période marquée par un épisode historique de chaleur, soit une hausse de 36% par rapport à la mortalité attendue, selon un bilan consolidé de Santé publique France (SpF), qui couvre 84% de la mortalité française. Le bilan est à ce stade moins lourd qu'en 2003, quand les températures extrêmes avaient fait 15.200 morts sur une durée de trois semaines. Mais il pourrait encore s'alourdir en raison d'effets différés et d'un possible nouvel épisode de chaleur début août. Plus de la moitié de ces décès en excès ont été enregistrés sur seulement trois jours, les 25, 26 et 27 juin, preuve d'un épisode "inédit, caractérisé par sa précocité, son intensité et sa durée". Si les personnes de plus de 75 ans représentent les deux tiers de ce bilan provisoire, la surmortalité a également touché les 45-64 ans, qui affichent la hausse relative la plus forte (+55%, 979 morts), devant les 65-74 ans (+37%, 936 morts) et les 15-44 ans (+30%, 118 morts). L'Ile-de-France est la région la plus touchée, avec 1.999 morts en excès (+81%), loin devant le Grand-Est (+635, +39%), les Pays de la Loire (+553, +55%) et le Centre-Val-de-Loire (+511, +63%). La canicule a également frappé les pays voisins: au moins 12.000 décès en excès ont été recensés à l'échelle européenne durant la dernière semaine de juin, selon le site EuroMomo. Sur le terrain, Le Monde témoigne d'une pression réelle. A l'hôpital Pellegrin de Bordeaux, une dizaine de patients en hyperthermie sévère ont été admis en réanimation fin juin, contre 26 cas seulement recensés sur les dix années précédentes (2015-2025). Le SAMU de Bordeaux a enregistré plus de 3.000 appels quotidiens sur trois jours consécutifs mi-juillet, contre 2.200 en moyenne annuelle, sans toutefois d'engorgement ni activation de plan blanc.

(Le Figaro, Le Monde, Le Parisien, Libération – 23 juillet 2026)