Les vaccins contre le cancer gagnent du terrain

Le Monde se penche sur les progrès des vaccins contre le cancer. Moderna s'apprête à ouvrir la voie avec son vaccin à ARN messager, qui réduit de 42% le risque de récidive ou de décès chez des patients atteints de mélanome avancé. D’autres équipes développent des approches variées. "Plus de 200 essais de phase précoce ont été lancés pour évaluer des vaccins personnalisés contre une multitude de cancers", indique l’oncologue danoise Inge Marie Svane. Dans le cancer du poumon non à petites cellules avancé, un candidat-vaccin chinois personnalisé à ARN messager a montré "un profil de sécurité gérable, une capacité robuste à déclencher une réponse immunitaire spécifique des antigènes tumoraux et une activité antitumorale préliminaire", selon Jianchun Duan, du Centre national du cancer de Pékin. "Des vaccins sont aussi développés contre des tumeurs froides, c’est-à-dire peu infiltrées par des cellules immunitaires, comme les cancers du pancréas", indique Pascal Hammel, oncologue à l’hôpital Paul-Brousse (AP-HP), à Villejuif. Eileen O’Reilly, du Memorial Sloan Kettering Cancer Center, à New York, a ainsi présenté les résultats d’un essai préliminaire évaluant un vaccin nommé "camupepimut". Il n’a pas démontré, à ce stade, sa capacité à augmenter la survie médiane sans progression, mais un effet thérapeutique a été observé dans deux sous-groupes. Le journal cite enfin un vaccin expérimental de la biotech suisse Nouscom, qui vise à prévenir l’apparition d’un cancer chez les personnes atteintes du syndrome de Lynch, qui expose à un risque de 50% à 80% de cancer du côlon. Après un rappel, "aucun cancer colorectal avancé n’a été détecté lors des coloscopies de suivi des participants".

(Le Monde – 4 novembre 2026)