Les génériques indiens du sémaglutide risquent de faire bondir le marché noir en Europe

La chute du brevet du sémaglutide en Inde ouvre la voie à une vague massive de génériques de ce traitement de l'obésité développé par Novo Nordisk (Ozempic® et Wegovy®). Une dizaine de laboratoires indiens ont déjà lancé leur propre version de la molécule à des tarifs trois à quatre fois moins chers que les traitements précédents qui coûtaient environ 11.000 roupies (100 €). Mais l’enjeu ne se limite pas au continent indien, constate Le Figaro. Les versions génériques disponibles en Inde pourraient en effet débarquer sur le Vieux continent, mais dans un premier temps de façon illégale. "Le brevet sur le sémaglutide n’expirera pas en Europe avant le début des années 2030. Les groupes pharmaceutiques indiens ne peuvent donc pas y exporter leurs médicaments légalement. Le seul moyen de s’en procurer serait au marché noir", explique Namit Joshi, le président de Pharmexcil, le lobby des exportateurs pharmaceutiques indiens, qui alerte sur les risques pour le patient européen: "Le produit serait conforme à la pharmacopée indienne, mais pas à la pharmacopée de l’UE, qui implique des normes différentes". Mais dans un contexte de grande publicité autour de ces médicaments, notamment sur les réseaux sociaux, et d'automédication croissante, un essor des ventes par internet vers l’Europe est à craindre. "Le client indien d’une pharmacie peut en envoyer discrètement par la poste à l’étranger. Même les grossistes peuvent en acheter auprès des grands laboratoires indiens pour les exporter sans informer les laboratoires ni la douane", prévient Namit Joshi

(Le Figaro – 1er avril 2026)