Le gouvernement confirme ses pistes pour réduire le déficit de l'Assurance-maladie
Sous la pression d'un déficit de l'Assurance-maladie de près de 16 milliards d'€ en 2025, la ministre de la Santé Stéphanie Rist a annoncé jeudi matin sur RMC le doublement du plafond annuel des franchises médicales sur les consultations et les médicaments. "Les Français, s'ils dépassent un nombre de consultations ou un nombre de boîtes de médicaments, paient aujourd'hui, s'ils sont au maximum, 100 € par an. Ce que nous faisons, c'est que nous doublons ce plafond qui n'a pas évolué depuis 20 ans", a précisé la ministre, tout en assurant que les montants unitaires des franchises resteraient inchangés, soit 1 € par boîte de médicament, 2 € par consultation, dans la limite de 200 € par an au lieu de 100. Cette mesure, qui doit dégager environ 750 millions d'€ d'économies, épargnera 18 millions de Français (mineurs, femmes enceintes et bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire), mais touchera particulièrement les patients en affection de longue durée (ALD), dont la contribution moyenne pourrait passer de 78 à environ 150 € par an. France Assos Santé dénonce une mesure qui "pénalise une partie des plus fragiles du système de santé" et redoute une hausse des renoncements aux soins. Comme révélé hier par Les Echos, le gouvernement compte aussi revoir à la baisse le taux de remboursement par la Sécurité sociale des médicaments jugés les moins utiles. L'exécutif joue la concertation en mettant des fourchettes de taux sur la table. Mais les chiffres de remboursements à hauteur de 5% et 15% pour les SMR faibles et modérés (contre 15% et 30% actuellement) circulent déjà. Dans la même veine, le gouvernement veut abaisser à 30% le taux de remboursement des passages chez le chirurgien-dentiste, contre 60% aujourd'hui. Idem pour les dispositifs médicaux (pansements, orthèses pour soulager les articulations, etc.). Il est en revanche plus clément avec les transports sanitaires, dont le remboursement passerait de 55% à 50%.
(La Croix, La Tribune, Les Echos, Libération – 23 juillet 2026)