"L’effrayante évolution du ministère de la Santé sous Robert F. Kennedy"
Dans une analyse très critique, Le Figaro dresse le bilan de moins de deux ans de Robert F. Kennedy Jr à la tête du ministère américain de la Santé. Lors d’un sommet du mouvement Maha (Make America Healthy Again) à Washington, il a déclaré que l’intelligence artificielle peut aider les patients à obtenir "une seconde opinion bien mieux informée que celle de n’importe quel médecin" et à se "libérer de la tyrannie médicale". L’événement était sponsorisé par des entreprises, dont Grail, créateur d’un test de dépistage du cancer en attente d’un feu vert fédéral, qui ont pu, moyennant 300.000 $, participer à des panels et s’entretenir en privé avec des responsables du gouvernement. Le journal y voit une ironie, le ministre ayant promis de s’attaquer à l’influence des lobbies. "Tout le ministère est aux mains d’idéologues et opère de manière chaotique et antiscientifique", confirme Lawrence Gostin, spécialiste du droit de la santé à l’université de Georgetown. "RFK le contrôle politiquement, mais se désintéresse de sa gestion: il vient rarement au bureau et, quand il est là, il ne parle qu’à son entourage, pas aux experts", poursuit le professeur. Le ministre a réduit de multiples programmes, annulé des millions de $ alloués à la recherche médicale et licencié des milliers de scientifiques. Les CDC ont perdu près d’un tiers de leurs effectifs, d’après une enquête du New York Times, alors que les Etats-Unis font face à une épidémie de rougeole et à un regain d’Ebola en République démocratique du Congo. "En un mot, c’est un désastre", renchérit Jeremy Funk, de Protect Our Care. Toutefois, son influence politique demeure limitée à l'approche des midterms. Seuls 0,2% des spots des candidats républicains au Sénat et à la Chambre mentionnent MAHA ou Kennedy, d’après le Wesleyan Media Project.
(Le Figaro – 21 octobre 2026)