En dix ans, une pharmacie sur dix a fermé en France
Dans son nouveau panorama de la démographie pharmaceutique, l'Ordre national des pharmaciens dresse un constat paradoxal. Si le nombre de pharmaciens inscrits a progressé de 3,2% en dix ans pour atteindre 75.731, avec un bond de près d'un tiers des nouvelles inscriptions en 2025 par rapport à 2015, le nombre d'officines a en même temps chuté de 10,1%, soit 2.237 fermetures en dix ans, pour tomber à 19.381 pharmacies sur le territoire national. Pas un département de France métropolitaine n'échappe à cette dynamique, seules la Guyane et Mayotte enregistrent une hausse. L'Allier est le département le plus touché avec la fermeture de 20,6% de ses pharmacies en dix ans, les Hautes-Pyrénées 20,4%, la Saône-et-Loire et la Sarthe 20,2%, note Le Parisien. Au total, 110 communes ont perdu leur unique pharmacie depuis 2020 et se retrouvent aujourd'hui à plus de cinq kilomètres de l'officine la plus proche. En cause, la désertification médicale: sans médecin et donc sans prescriptions, une pharmacie ne peut subsister. Les zones rurales peinent en outre à attirer les jeunes pharmaciens, rebutés par l'isolement et la dimension entrepreneuriale du rachat d'un fonds de commerce onéreux. Ils sont d'ailleurs moins pressés de s’installer. Le nombre de pharmaciens d’officine intérimaires a ainsi augmenté de 50% depuis 2021. A cela s'ajoutent des marges comprimées par les politiques de régulation qui fragilisent la viabilité des petites officines. Plusieurs pistes sont à l'étude pour enrayer cette hémorragie, dont le dispositif d'antennes de pharmacie ou la réforme du troisième cycle des études de pharmacie, qui imposera deux stages de six mois, dont au moins un en zone sous-dense.
(La Croix – 18 juin 2026; Le Parisien, Ouest-France – 17 juin 2026)