Des femmes plus vulnérables à l'alcool, mais moins protégées
Moins consommatrices d’alcool que les hommes, les femmes sont pourtant davantage exposées à ses effets toxiques, rapporte Le Monde. D’abord pour des raisons anatomiques: leur poids est souvent inférieur, tout comme la taille des organes. Leur proportion de masse grasse est plus importante et leur masse hydrique moindre, d’où une moindre métabolisation de l’éthanol. Ainsi, à quantité égale, le niveau d’alcoolémie est plus élevé chez elles. Les principaux dégâts se font sur le long terme. Le risque de mortalité, toutes causes confondues, est ainsi significativement accru chez les femmes consommant 25 grammes ou plus d’alcool par jour, contre 45 grammes ou plus chez les hommes, selon une méta-analyse portant sur 107 études de cohorte. "Plusieurs études montrent qu’à consommation égale, les femmes développent un taux plus élevé d’atteintes hépatiques – inflammation, cirrhose – et de maladies cardio-vasculaires", ajoute Mickael Naassila, président de la Société française d’alcoologie et d’addictologie. "Le fait que les risques qu’elles encourent soient majorés est une réalité méconnue", insiste la Dr Marie-Olivia Chandesris, qui a piloté pour la HAS un guide de ressources publié en février 2025. Les femmes ont aussi longtemps été exclues des travaux en alcoologie, d'où une prise en charge insuffisante aujourd'hui. "Ce qui est sidérant, c’est ce décalage entre, d’un côté, la richesse des données médicales et scientifiques disponibles et, de l’autre, la puissance des représentations, du déni et le défaut d’actions publiques en cohérence avec ces données. C’est un déni collectif et sociétal", déplore Marie-Olivia Chandesris.
(Le Monde – 7 janvier 2026)