Aux Etats-Unis, une politique antivaccinale qui risque d'influencer le monde
Libération enquête sur le détricotage aux Etats-Unis des protocoles de vaccinations infantiles en place depuis des décennies, sous l'égide du ministre de la Santé, Robert F. Kennedy, figure historique du mouvement antivaccin. Lundi, les Centers for Disease Control and Prevention (CDC), une institution dont les décisions sont observées par de nombreux pays, ont publié un nouveau calendrier pédiatrique dans lequel six vaccins auparavant recommandés à tous les enfants au niveau fédéral ne le sont plus que pour les populations jugées à risque. Ce changement intervient après la révocation, en juin 2025, des 17 experts du comité consultatif sur les pratiques d’immunisation (ACIP), remplacés par des profils proches du mouvement populiste Make America Healthy Again (Maha). RFK justifie ces décisions par un "passage en revue exhaustif des connaissances" et affirme que les Etats-Unis ne font que s’aligner sur "le consensus international". Mais dans les agences sanitaires, l’inquiétude est profonde. Susan J. Kressly, présidente de l’Académie américaine de pédiatrie, dénonce des "affirmations erronées qui sèment le doute sur l’un des meilleurs outils de santé infantile: les vaccins". Demetre Daskalakis, un ancien haut responsable des CDC appelle, lui, à "ne plus accorder la moindre crédibilité" à l’institution. La politique américaine pourrait aussi avoir des répercussions mondiales, alors que des financements de recherche sur les vaccins ont été gelés aux Etats-Unis et que Washington s'est retiré du programme international Gavi pour les vaccinations dans les pays en développement. Alors que l’administration Trump prépare la sortie du pays de l’OMS, les républicains proposent également dans le budget 2026 la fermeture totale du Center for Global Health, le département de santé publique internationale des CDC, et de son service de santé maternelle et infantile.
(Libération – 7 janvier 2026)