Anne-Laure Dreno (AstraZeneca France): "Il faut poser la question du déremboursement de certains médicaments"
Interrogée par L'Usine Nouvelle, Anne-Laure Dreno, présidente d'AstraZeneca France, déplore la forte contribution de l’industrie pharmaceutique aux économies du budget de la sécurité sociale. "Nous cumulons taxe sectorielle, clause de sauvegarde et baisse de prix. La valeur du médicament s’érode. Pendant ce temps, aux Etats-Unis, la réévaluation se fait année après année, à hauteur de l’inflation, ce qui creuse l’écart avec la France." Face à des débats budgétaires complexes, la dirigeante reconnaît toutefois que la France consacre déjà 11,4% de son PIB sur la santé en 2024, soit un niveau qui la place dans le groupe de tête des pays de l’OCDE. "La question est de savoir ce qu’on choisit de rembourser et de ne pas rembourser. Il faut poser la question du déremboursement de certains médicaments. Le reste à charge pour les patients est le plus bas de l’OCDE. Le débat doit être ouvert." Anne-Laure Dreno cite l'Italie, qui a déremboursé toute une série de médicaments afin de privilégier l’accès à l’innovation. En France, elle prend "l’exemple du paracétamol, qui représente plusieurs centaines de millions d'€ de remboursement par an. Est-ce qu’on doit le rembourser en totalité et pour tous ?"
(L'Usine Nouvelle – 3 février 2026)