A l'ASCO 2026, les anticorps conjugués au cœur de l'oncologie de précision

Avec près de 40 présentations orales et 120 posters, les anticorps conjugués-médicaments (ADC) ont occupé une place centrale du congrès de l'ASCO 2026. Ces molécules, qui associent la précision d'un anticorps monoclonal à la puissance d'une chimiothérapie, agissent "comme un véritable cheval de Troie qui ne s'infiltre que dans les tumeurs", explique au Figaro le Pr Yohann Loriot, oncologue à Gustave Roussy. Cette précision rend les ADC particulièrement intéressants pour des patients en échec thérapeutique. "Les cancers de l’ovaire, du pancréas ou du col de l’utérus sont plutôt résistants à la chimiothérapie, mais les ADC commencent à donner des résultats assez prometteurs", souligne Barbara Pistilli, cancérologue et responsable du comité de pathologie mammaire de l'Institut Gustave Roussy. Le Pr Loriot a d’ailleurs présenté au Congrès américain les résultats d’une étude internationale sur un nouvel ADC testé chez des patientes atteintes d’un cancer du col de l’utérus métastatique ou en récidive. Jusqu’à une patiente sur trois a répondu positivement au traitement, et plusieurs ont même vu l’ensemble de leurs lésions disparaître à l’imagerie. "Cet ADC pourrait représenter une option thérapeutique prometteuse, dans une pathologie qui bénéficie encore de trop peu d’avancées", se félicite Yohann Loriot. Pour l’heure, peu de cancers peuvent être traités par ces thérapies mais la tendance devrait s’accélérer: 400 molécules sont en cours d’évaluation clinique, dont plusieurs dizaines déjà en phase III.

(Le Figaro – 8 juin 2026)